Izabelle poussait. Elle poussait comme le lui disait la sage femme. Trempée de sueur et rouge comme une tomate, elle tentait d'expulser le gamin. Elle venait de virer Tristan de la salle d'accouchement, y'en avait ras le bol de ses "Vas-y Iza ! Vas-y !", on se serait cru à un match de foot.
Raaah ! Comme ça faisait mal ! Et la sage femme, avec sa voix gentillette ! Mais à tout les coups, vu sa tête, c'etait une vieille fille sans progéniture ! Elle sait pas ce que ça fait d'avoir un porcelet qui vous traverse l'uterus !
"Ouiiiii ! Le voilà !" Ouf, il etait sortit ! C'est pas possible, c'est la reincarnation de Carlos ou quoi ?
On lui posa le truc mou sur le bide. Elle, elle etait un peu assomée et elle n'entendait que les hurlements de l'espéce de larve. ( Un croisement de Carlos et de La Callas ? )
On fit rentrer Tristan, un sourire reliant les deux feuilles de choux qui lui servaient d'oreille.
" Alors ? Garçon ou fille ?"
"J'en sais rien, regarde, toi !"
Tristan souléve doucement son rejetton et le retourne. " Fille !"
Et une infirmiére prit tout de suite la boule rosâtre pour son bain.
" T'as entendu Iza ? Une petite fille !"
" Et ben, rien que pour l'emmerder, je lui souhaite d'avoir des gosses ! " murmura la jeune femme avant de s'evanouir.
Elle se reveilla quelque heures plus tard dans sa chambre.
Elle ouvrit les yeux et vit dans le fauteuil prés de la fenêtre, Tristant donnant un biberon au bébé. Il ne quittait pas sa fille des yeux.Izabelle décida de lui rapeller son éxistence : " Je pue la transpiration, c'est degueu !!! "
L'autre la regarde avec un air ahuri et demande " Comment on l'apelle ? "
" J'en sais rien, Dizuitandemaleur ? C'est joli..."
Soit Tristant n'avait pas entendu, soit il faisait semblant.
"Pourquoi pas Juliette ? Comme ma grand mére !"
" Ouais, on alors, Medor, comme mon chien ! "
Non, Izabelle ne voulait pas d'un joli nom pour ce truc. Il fallait quelque chose de drôle... Quelque chose qu'elle aurait plaisir à prononcer, elle se delecterait de la laideur du mot ...
"Radegonde ! " déclara-t'elle
"Quoi ? Tu es folle ! On dirait Rat d'Egout ! C'est pas possible !"
"C'est tout à fait possible et c'est décidé ! Apporte moi ça !"
" ça ? "
" Ben oui, le truc que je viens d'expulser !"
Tristan déposa l'enfant dans les bras de sa mére qui se mit à la fixer.
"Elle est laide... Son nez est tordu" pensait-elle " Ses yeux sont d'un banal ! En plus elle à déjà une culotte de cheval, tu m'etonnes qu'elle m'ait fait mal ! Radegonde, ce sera parfait !"
"Elle est belle notre fille, non ? "
"Elle ressemble à ta soeur..."
" Iza, tu ne peux pas l'apeller comme ça."
" Elle sort de MON bide, c'est MOI qui ai souffert, JE décide ! "
Et il en fût ainsi...
La famille et les amis s’extasiaient devant ce bébé qui n’avait effectivement rien d’extraordinaire...
“Et comment s’apelle le petit ange ? Ah, Radegonde... C’est original, et ça vient de quoi ? “
Tristant tentait de prononcer le noms de sa fille de façon douce, le plus joliment possible. Peine perdue.
Izabelle veillait à ce que tout dans la vie de la jeune Radegonde soit laid, mauvais. Ses vêtements, sa nourriture...
Personne ne pouvait rien dire. La petite ne manquait de rien. Mais la haine que la mère entretenait pour sa fille etait plus sournoise. Radegonde ne pourrait pas lui repprocher plus tard quelque chose de concret et Izabelle se déléctait de savoir que Radegonde se plaindrait pour des raisons qui sembleront futiles.
Et Radegonde grandit, evidement.
A 16ans, elle etait grande, grassouillette, avait le nez de travers.
Elle portait toujours des vêtements en bon etat mais passés de mode. Sa genitrice n’avait pas changé ses habitudes.
On ne lui accordait pas de plaisirs supeflus : pas d’animaus à la maison, pas de vacances à la plage, pas de cours de piano ni d’argent de poche.
Rien qui ferait passer Iza pour une mère indigne, mais assez pour pourire la vie d’une jeune fille.
Pourtant, Radegonde vouait un veritable culte aux auteurs de ses jours et surtout à celle qui l’avait mise au monde.
Toutes ces restrictions, elle les acceptait: “Apres tout, Maman à bien raison de refuser de m’acheter des Converses. Ces histoires de marques...Fichues société de consommation !”
Adolescence, donc, sans encombres. Quand un jeune fashion à crête et vêtements fluo ve,ait se moquer de sa tenue, elle lui clouait le bec rapidement. Son originalité et son culot la rendirent tres interssante aux yeux des jeunes rockeurs-hippies-rebels-vegetariens.
Plus tard, Radegonde, qui, en depit d’un physique peu avantageux était dotée d’une grande intelligence, décrocha un diplôme de journaliste.
Devenue reporter, elle parcourut le globe, menant à bien de nombreuses actions pour la paix et elle devient tres vite internationallement célébre.
A chaque interview, les qustions sur l’enfance fusaient.
“Et avez vous hérité de vos parents cette vocation ?”
Et Radegonde racontait qu’elle devait tout à ses parents qu’elle remerciait chaque jour de lui avoir donné une telle education en particulier sa maman cherie.
Radegonde devient bientôt le prenom le plus donné en France.
Autant Tristant transpirait la fiérté, autant Izabelle rageait interierement.
“Elle ne peut pas ! Elle ne peut pas me remercier ! J’ai été affreuse, des années de haines pour en arriver là !”
Radegonde veillait au bonheur de Tristant et Iza et un jour qu’elle leur rendit visite avec Arthur, son fiancé, elle leur annonça, la main sur le bide et le sourire au lévre comme toute celles qui vont annoncer ça : “Je vais avoir un bébé...Et si c’est un fille, nous l’apellerons Izabelle, comme toi, maman !”
Et comme un ballon de baudruche qu’un gamin continue de gonfler encore et encore : Iza explosa.
“ Je te hais ! Je te deteste ! Depuis la premiere seconde ! Je ne veux pas de ton bonheur !”
Et elle ne se calma jamais. Ses journées etaient des crises perpetuelles de hurlements et d’insultes.
Radegonde et son pére se résignérent à la place en maison psychatrique. Tous la pensérent devenue folle.
Dans sa chambre d’hôpital, quelque temps, quelques années plus tard, Izabelle apprit que Radegonde. G., célébre journaliste avait perdu dans un accident de voiture et qu’elle y avait perdu son mari, Arthur. G, photographe et leur petite fille de 2 ans, Izabelle.
“J’ai gagné.” pensa Izabelle.
Radegonde, boulversée voulut se rapprocher de ses parents et rendit visite à sa mère, la premier depuis deux années durant lesquelles les medecins avaient trouvé preferable de les separer.
“ Enfin, tu créves de douleur ! “ lança la mère.
“Oui, Maman, mais tu sais, c’est toi qye j’aime plus que tout et c’est ta mort qui me ferait le plus mal...”
Le lendemain, Izabelle fut retrouvée pendue avec ses draps. On annonça le suicide àse fille qui en un sourire murmura “J’ai gagné...”